VSS en stage et en alternance : comment réagir ?

Publié le
02 Oct 2026
Auteur
Camille Dubourdieu
Co fondarice de l'association balance on stage
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VSS en stage et en alternance : 1 étudiant sur 3 concerné, comment réagir ?

‍L'essentiel à retenir en 5 points

  • Plus de 200 étudiants Nexa étaient inscrits à cette conférence animée par Camille Dubourdieu, cofondatrice de Balance Ton Stage.
  • 1 étudiant sur 3 déclare avoir été victime de VSS lors d'un stage ou d'une alternance, selon l'enquête nationale Balance Ton Stage 2026 menée auprès de 4 400 étudiants.
  • 57 % des auteurs ou autrices sont des supérieurs hiérarchiques, et 40 % des victimes n'ont réagi ni au moment des faits ni après.
  • Définitions, témoignages réels et quiz interactifs ont permis aux étudiants d'apprendre à reconnaître les différentes formes de VSS.
  • Les étudiants sont repartis avec des réflexes concrets pour réagir, signaler, soutenir une victime et identifier leurs interlocuteurs, chez Nexa comme à l'extérieur.

Quand les premiers pas en entreprise exposent aussi aux VSS 

Tout part d'un premier stage qui se passe mal. Camille est alors étudiante à emlyon. Dans son entreprise d'accueil, elle est confrontée à des blagues et à des remarques sexistes, jusqu'à un échange très tendu avec son manager. En en parlant autour d'elle, elle découvre qu'elle est loin d'être la seule.

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"Je voulais transfomer cette colere que j'avais en quelque chose de positif "

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De cette colère naît Balance Ton Stage, lancée en janvier 2020 avec Agathe et Simon, deux amis d'emlyon. D'abord un manuel et un compte Instagram où affluent les témoignages d'étudiants. Puis une association, qui forme aujourd'hui écoles et entreprises et qui a été auditionnée par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Des années plus tard, c'est cette histoire que Camille est venue raconter aux étudiants Nexa.

Stage, alternance, premier emploi : la plupart des étudiants vivront bientôt, eux aussi, leurs premiers pas en entreprise. L'objectif de cette intervention était de leur donner des repères concrets pour identifier une situation anormale, savoir comment réagir et savoir vers qui se tourner. Une démarche qui concerne les étudiants, mais aussi leurs familles.

Ce jour-là, Camille n'a pas déroulé un cours. Elle a alterné apports théoriques, témoignages réels et quiz. Sur l'un d'eux, proposé via Mentimeter, près de 200 participants se sont connectés en même temps.

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VSS en stage et en alternance

Avant les quiz, il y a eu les chiffres. Camille a ouvert la conférence avec plusieurs données qui mesurent l'ampleur du sujet dans le monde professionnel.

Premier constat : 77 % des femmes salariées déclarent être régulièrement confrontées à des attitudes ou décisions sexistes au travail, selon le baromètre BVA 2025 présenté pendant la conférence. Les hommes sont concernés eux aussi : 14 % des personnes victimes d'actes sexistes sont des hommes, selon les données Interstats 2022.

Puis vient le chiffre qui parle directement aux étudiants : 1 étudiant sur 3 déclare avoir été victime de violences sexistes ou sexuelles au cours d'un stage ou d'une alternance. Il est issu de l'enquête nationale Balance Ton Stage 2026, à laquelle 4 400 étudiants ont répondu. Le rapport formule 21 recommandations à destination des établissements d'enseignement supérieur et des entreprises.

L'enquête dit aussi qui est en cause, et ce qui se passe ensuite. Dans 57 % des situations, l'auteur ou l'autrice était un supérieur hiérarchique, dont 22 % de tuteurs ou tutrices de stage ou d'alternance : une personne dont l'étudiant dépend. Face à cela, 40 % des victimes n'ont réagi ni au moment des faits ni après. Seules 18 % ont signalé les faits. Et seulement 4 % les ont signalés à leur établissement scolaire.

Ce dernier chiffre explique à lui seul la conférence. Pour accompagner un étudiant confronté à une situation de VSS, encore faut-il qu'il sache qu'il peut en parler, et à qui.

Le silence ne touche pas que les étudiants : 63 % des victimes de sexisme en entreprise n'ont pas souhaité dénoncer ces comportements, notamment par peur que cela ne serve à rien ou par crainte de représailles.

Présentation des chiffres préoccupants

Comment reconnaître les différentes formes de VSS ?

Pour signaler, il faut d'abord pouvoir nommer. C'était l'un des enjeux de la conférence : permettre aux étudiants de mettre les bons mots sur ce qu'ils peuvent vivre ou observer.

Camille est donc repartie de la base. Le sexisme, c'est une attitude discriminatoire fondée sur le genre. Toutes les identités de genre peuvent en être victimes, témoins ou à l'origine.

Au travail, il prend trois visages : le sexisme hostile, le sexisme caché (derrière une blague ou un prétendu compliment) et le sexisme paternaliste, fait de propos infantilisants ou de stéréotypes.

Elle a ensuite distingué plusieurs catégories de violences : agissement sexiste, exhibition sexuelle et voyeurisme, harcèlement sexuel, agression sexuelle et viol.

Cette distinction compte. Une remarque qualifiée de « maladroite » peut en réalité constituer un agissement sexiste. Et certains comportements relèvent juridiquement du harcèlement ou de l'agression sexuelle.

Des quiz interactifs pour qualifier des situations concrètes

Restait à passer de la théorie à la pratique. Camille a soumis aux étudiants des situations réelles. La question n'était plus « quelle est la définition ? », mais « comment qualifier cette situation, et pourquoi ? ».

Situation après situation, ils ont dû trancher. Une main posée sans consentement sur la cuisse ? Une agression sexuelle. Une remarque sur le décolleté d'une collègue ? Un agissement sexiste. Une invitation ponctuelle à boire un verre entre collègues ? Une situation a priori normale, tant qu'elle repose sur le respect et le consentement. L'exposition répétée à des contenus sexualisés sur le lieu de travail ? Une situation pouvant relever du harcèlement sexuel ambiant.

Ces mises en situation rendent les notions juridiques plus accessibles. Elles invitent surtout chacun à se poser la question : et moi, comment j'aurais qualifié cette situation ?

Harcèlement sexuel en stage ou en alternance : que faire ?

Savoir nommer une violence est une première étape. Encore faut-il savoir quoi faire ensuite, et c'est là que la conférence voulait surtout être utile.

Face à un agissement sexiste, Camille a présenté plusieurs techniques pour recadrer : la communication non verbale, changer de sujet, demander à la personne de reformuler ses propos, poser ses limites ou rappeler le cadre.

Face à une violence sexuelle, elle a rappelé trois recommandations. D'abord en parler, demander de l'aide et s'entourer. Ensuite signaler les faits, lorsqu'on se sent en capacité de le faire. Enfin conserver les éventuelles preuves : messages, e-mails, dates, noms de témoins.

Elle a aussi insisté sur un point : ne pas avoir réagi sur le moment ne signifie pas qu'il est trop tard. La sidération, la peur ou la culpabilité rendent souvent une réaction immédiate très difficile. Les 40 % de victimes restées sans réaction le montrent : ce silence est fréquent, et il ne retire rien à la gravité des faits.

Quels sont les droits d'un étudiant confronté à des VSS ?

Quand on est stagiaire ou alternant, on peut avoir l'impression de ne pas être en position de se plaindre. On est là pour quelques mois, on dépend de son tuteur, on pense à son diplôme. La loi dit l'inverse.

Les stagiaires et les alternants bénéficient d'une protection contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, même si leur statut juridique n'est pas identique : l'alternant est salarié de l'entreprise, le stagiaire y est accueilli dans le cadre d'une convention de stage.

Concrètement, quatre repères à garder en tête :

  • L'employeur a une obligation de prévention. Il doit sensibiliser les personnes qui travaillent dans l'entreprise, stagiaires compris, au harcèlement sexuel et sexiste.
  • L'employeur doit réagir lorsqu'il est informé de faits. Il lui revient de prendre les mesures nécessaires pour y mettre fin.
  • Des relais peuvent exister dans l'entreprise. Dans les entreprises d'au moins 250 salariés, un référent est chargé d'orienter, d'informer et d'accompagner en matière de harcèlement sexuel et d'agissements sexistes.
  • Signaler de bonne foi est protégé. La loi protège les personnes qui signalent de bonne foi des faits de harcèlement sexuel.

Chaque situation étant différente, la fiche Harcèlement sexuel ou sexiste de Service Public et le guide du ministère du Travail « Harcèlement sexuel et agissements sexistes au travail : prévenir, agir, sanctionner » détaillent les règles applicables et les recours possibles.

Témoin de VSS au travail : comment agir ?

Et quand on n'est pas la personne visée, mais celle qui voit ? La prévention concerne aussi les témoins. Camille a présenté la méthode des 5D : distraire, déléguer, documenter, diriger et dialoguer.

Après les faits, quelques mots simples peuvent aider une victime : lui montrer qu'on la croit, lui dire qu'elle a bien fait d'en parler, rappeler qu'elle n'est pas responsable et lui proposer de l'accompagner vers les bonnes ressources.

L'objectif n'est pas de décider à sa place, mais de rompre l'isolement.

Victime ou témoin de VSS : à qui en parler chez Nexa ?

Rompre l'isolement suppose de savoir vers qui se tourner. Les étudiants sont donc repartis avec des interlocuteurs clairement identifiés. Chez Nexa, ce sont les directions de campus, en lien avec les équipes pédagogiques.

Les familles ont aussi un rôle à jouer. Si un étudiant se confie à un proche, le plus utile est de l'écouter sans juger, de le croire et de l'encourager à contacter la direction de son campus, qui pourra l'accompagner.

Des ressources externes existent également pour l'écoute, l'orientation ou l'accompagnement juridique :

  • la plateforme Arrêtons les violences, pour être orienté et signaler des faits ;
  • le Défenseur des droits, qui peut être saisi en cas de harcèlement sexuel au travail ;
  • le Code du travail numérique, pour connaître ses droits ;
  • le 3919 (Violences Femmes Info), numéro gratuit dédié spécifiquement aux violences faites aux femmes.

Un étudiant confronté à une difficulté pendant son stage ou son alternance ne doit pas rester seul face à la situation. Cet accompagnement s'inscrit dans le suivi proposé par Nexa tout au long de l'alternance.

Prévenir les VSS pour préparer les étudiants au monde professionnel

Camille a fait d'une mauvaise expérience de stage un outil de prévention pour les autres. C'est le sens de cette conférence chez Nexa.

Se former aux métiers de la tech ne se limite pas aux compétences techniques. Entrer dans le monde professionnel, c'est aussi connaître ses droits, savoir repérer une situation anormale et savoir qu'on peut en parler sans craindre d'être mis de côté.

Ce dernier point est peut-être le plus important. Si seulement 4 % des étudiants signalent des faits à leur établissement, c'est souvent parce qu'ils ne savent pas que leur école peut les écouter, ou qu'ils redoutent les conséquences. Chez Nexa, un étudiant qui vit une situation difficile pendant son stage ou son alternance peut se tourner vers la direction de son campus (paris,lille,lyon à distance). Sa parole sera prise au sérieux, et l'accompagnement se fera à son rythme.

Cette conférence s'inscrit dans le suivi que Nexa propose tout au long de l'alternance, et dans une série d'actions de sensibilisation menées au fil de l'année, comme Movember ou Octobre Rose, à retrouver dans notre retour sur la vie étudiante Nexa 2025-2026.

Et si la situation impose de quitter l'entreprise ?

C'est souvent la peur qui pousse les alternants à se taire : perdre leur contrat, et avec lui leur année de formation. Pourtant, une situation de VSS ne doit jamais obliger un étudiant à choisir entre sa sécurité et son diplôme.

Lorsqu'un étudiant signale des faits, Nexa échange avec lui pour comprendre la situation et définir avec lui la suite à donner. Selon les cas, l'école peut prendre contact avec l'entreprise / alerter le ou la référente harcèlement de l'entreprise / accompagner l'étudiant dans ses démarches, toujours avec son accord.

Si la poursuite du contrat n'est plus envisageable, l'étudiant n'est pas laissé seul. En contrat d'apprentissage, la loi lui permet de continuer sa formation pendant plusieurs mois après la rupture, le temps de trouver un nouvel employeur. Nexa l'accompagne dans cette recherche via son service relations entreprises / en lui proposant des entreprises partenaires, pour qu'il puisse poursuivre son parcours dans un environnement sain.

Foire aux questions

Formations en alternance digitale, démarches, critères d’admission, vie étudiante, campus, financement… Retrouve ici toutes les informations essentielles pour intégrer Nexa Digital School.

Qu'est-ce qu'une violence sexiste ou sexuelle au travail ?

Le terme regroupe plusieurs situations : agissement sexiste, exhibition et voyeurisme, harcèlement sexuel, agression sexuelle et viol. Savoir les distinguer permet de mieux les identifier dans un environnement professionnel.

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Les étudiants peuvent-ils être concernés pendant leur stage ou leur alternance ?

Oui. Selon l'enquête nationale Balance Ton Stage 2026, menée auprès de 4 400 étudiants, 1 étudiant sur 3 déclare avoir subi des violences sexistes ou sexuelles pendant un stage ou une alternance. Dans 57 % des cas, l'auteur était un supérieur hiérarchique.

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Que faire si je suis confronté à une situation de VSS en entreprise ?

La première chose est de ne pas rester isolé : en parler à une personne de confiance ou à son école. Il est aussi recommandé de signaler les faits quand on s'en sent capable et de conserver les preuves (messages, dates, témoins). La loi protège les personnes qui signalent de bonne foi des faits de harcèlement sexuel.

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À qui un étudiant Nexa peut-il parler en cas de VSS ?

La direction de son campus et l'équipe pédagogique ont été identifiées comme ses interlocuteurs privilégiés. Des dispositifs externes comme la plateforme Arrêtons les violences ou le Défenseur des droits peuvent aussi écouter et orienter, ainsi que le 3919 pour les violences faites aux femmes.

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Comment réagir lorsqu'on est témoin d'une situation problématique ?

Un témoin peut intervenir s'il se sent en capacité de le faire, grâce à la méthode des 5D : distraire, déléguer, documenter, diriger et dialoguer. Après les faits, écouter la victime et lui proposer de l'aider, sans décider à sa place, aide à rompre l'isolement.

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Les hommes peuvent-ils aussi être victimes de sexisme ?

Oui. 14 % des personnes victimes d'actes sexistes sont des hommes, selon les données Interstats 2022. Toutes les identités de genre peuvent être victimes, témoins ou à l'origine de comportements sexistes.

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