2020, l’année de la robotique

Publié le
25 Aug 2026
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Qui a inventé le mot « robot » ? Origine, histoire et état de la robotique en 2026

Le mot « robot » a été inventé en 1920 par Josef Čapek et introduit par son frère Karel dans la pièce de théâtre tchèque R.U.R. (Rossum's Universal Robots). Il vient du tchèque robota, qui désigne la corvée féodale, le travail forcé. Un siècle plus tard, plus de 4,6 millions de robots industriels sont en service dans le monde.

Entre le néologisme d'un dramaturge de Prague et les 542 000 robots installés dans les usines en une seule année, il s'est passé un siècle. Cet article retrace cette trajectoire  et surtout, ce qu'elle implique pour ceux qui se forment aujourd'hui aux métiers de l'IA et de la data.

L'essentiel en 5 points

  • Le mot « robot » naît en 1920 dans R.U.R., pièce de Karel Čapek  mais c'est son frère Josef qui a soufflé le terme, à partir du tchèque robota, « corvée ».
  • Les robots de Čapek n'étaient pas des machines : il imaginait des travailleurs organiques, cultivés chimiquement. L'image du robot métallique viendra plus tard, du cinéma.
  • Isaac Asimov invente le mot « robotique » en 1942 et formule les Trois Lois qui inspirent encore les débats sur l'éthique des machines.
  • La robotique est aujourd'hui une industrie massive : 4 664 000 robots industriels en service dans le monde, dont 74 % des nouvelles installations en Asie.
  • Derrière chaque robot, il y a des compétences en IA, data, développement et cybersécurité des métiers en tension, accessibles en alternance.

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Qui a inventé le mot « robot » ?

Le mot « robot » a été inventé en 1920 par le peintre et écrivain tchèque Josef Čapek, et popularisé par son frère Karel Čapek, qui l'utilise dans sa pièce de science-fiction R.U.R. (Rossumovi univerzální roboti). Karel a lui-même reconnu publiquement que la paternité du terme revenait à son frère.

L'anecdote vaut d'être racontée : Karel cherchait un nom pour ses « ouvriers artificiels » et penchait pour laboři, dérivé du latin labor. La sonorité ne lui plaisait pas. Josef lui suggère roboti. Le mot fera le tour du monde.

Que signifie « robota » en tchèque ?

Robota désigne la corvée, le travail forcé dû par le serf à son seigneur dans le système féodal d'Europe centrale. La racine slave ancienne rob signifie « esclave ».

Le mot n'était donc pas neutre. En le choisissant, les frères Čapek inscrivaient d'emblée la question de l'exploitation au cœur du concept  ce qui est précisément le sujet de la pièce.

Quand la pièce R.U.R. a-t-elle été jouée ?

R.U.R. est écrite en 1920 et créée sur scène en janvier 1921, avant d'être jouée à New York dès 1922. Le succès est immédiat : dès 1923, la pièce est traduite dans une trentaine de langues, et avec elle le mot « robot » entre dans le vocabulaire mondial en moins d'une décennie.

Idée reçue : les robots de Čapek n'étaient pas des machines

C'est le détail que presque tout le monde ignore. Les roboti de R.U.R. ne sont pas des automates métalliques : Čapek imaginait des êtres organiques, produits chimiquement dans des cuves, dépourvus d'âme et d'émotions mais biologiquement proches de l'humain. Ce que nous appellerions aujourd'hui des androïdes ou des bio-robots.

L'image du robot en acier boulonné s'impose plus tard, par le cinéma  la Maschinenmensch de Metropolis (1926) en est la matrice visuelle.

Autrement dit : le mot « robot » désignait à l'origine ce que la science-fiction appellera plus tard « réplicant ». Le glissement de sens est complet.

Qui a inventé le mot « robotique » ?

Le mot « robotique » est dû à Isaac Asimov, né en 1920  la même année que le mot « robot »  et auteur du Cycle des Robots. Il forge le terme robotics en 1942, dans la nouvelle Cercle vicieux (Runaround), où il énonce également ses Trois Lois de la robotique :

  1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu'un humain soit exposé au danger.
  2. Un robot doit obéir aux ordres humains, sauf s'ils entrent en conflit avec la première loi.
  3. Un robot doit protéger son existence, tant que cela n'entre pas en conflit avec les deux premières lois.

Ces lois n'ont aucune valeur juridique. Elles restent pourtant une référence constante dans les débats contemporains sur l'éthique des systèmes autonomes et l'encadrement de l'IA.

Où en est la robotique en 2026 ?

La robotique n'est plus une promesse : c'est une industrie de masse. Selon le rapport World Robotics 2025 de la Fédération internationale de robotique (IFR), 4 664 000 robots industriels étaient en service dans le monde en 2024, soit une progression de 9 % en un an. La même année, 542 000 nouveaux robots ont été installés  plus du double d'il y a dix ans, et la quatrième année consécutive au-dessus de 500 000 unités.

Une géographie très déséquilibrée

L'Asie concentre 74 % des nouveaux déploiements, contre 16 % pour l'Europe et 9 % pour les Amériques. La Chine pèse à elle seule 54 % du marché mondial, avec 295 000 robots installés en 2024  son record.

L'Europe recule de 8 %, à 85 000 unités. La France installe 4 900 robots sur l'année, en baisse de 24 %. La densité robotique moyenne mondiale s'établit autour de 132 robots pour 10 000 salariés de l'industrie : c'est l'indicateur qui permet de comparer un pays à un autre indépendamment de sa taille.

La robotique de service, elle, explose

Au-delà des usines, plus de 199 000 robots de service professionnels ont été vendus en 2024, en hausse de 9 %. La dynamique est très inégale selon les usages : la logistique dépasse les 100 000 unités (+14 %), le nettoyage professionnel progresse de 34 %, et les robots médicaux bondissent de 91 %.

C'est là que se joue le rapprochement avec l'intelligence artificielle : un robot de logistique qui circule dans un entrepôt occupé, ou un robot chirurgical assistant un geste opératoire, ne suit pas un programme figé. Il perçoit, interprète et décide.

IA et robotique : pourquoi les deux avancent ensemble

Un robot classique exécute une séquence. Un robot doté d'IA analyse son environnement et adapte son action. C'est toute la différence entre le bras soudeur des années 1970, enfermé derrière une grille de sécurité, et le cobot qui travaille aujourd'hui aux côtés d'un opérateur.

Cette bascule repose sur trois briques : des capteurs (vision, force, proximité), des modèles capables d'interpréter ces signaux en temps réel, et une puissance de calcul embarquée suffisante pour décider sans passer par le cloud.

Chacune de ces briques est un métier. Et chacune ouvre une surface d'attaque : un robot connecté est un système d'information mobile, avec ses vulnérabilités propres — un sujet au cœur de la filière Cybersécurité.

Robotique et IA : quelles compétences derrière ces technologies ?

Un robot capable d'analyser son environnement ne repose jamais sur une seule discipline. Selon les projets, sa conception mobilise de l'intelligence artificielle, du traitement de données, de la programmation embarquée, de l'architecture système et de la sécurité informatique.

Autant de domaines qui mènent à des métiers concrets :

Les robots vont-ils remplacer les humains ?

Non, mais ils redistribuent les tâches. Les robots absorbent le répétitif, le pénible et le dangereux ; l'humain conserve l'arbitrage, la conception, l'interprétation et la responsabilité. Le vrai mouvement observé n'est pas la disparition des emplois, mais leur déplacement vers l'amont : concevoir, programmer, superviser et sécuriser les machines.

C'est d'ailleurs l'ironie de R.U.R. : dans la pièce, les robots finissent par remplacer intégralement les humains, qui, devenus inutiles, cessent de se reproduire. Un siècle plus tard, la réalité industrielle raconte autre chose un besoin croissant de compétences humaines pointues autour des machines.

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Du théâtre de Prague aux usines de 2026

Karel Čapek n'a jamais construit un robot. Il a écrit une pièce sur des créatures artificielles qui finissent par se retourner contre leurs créateurs — une fable politique sur le travail, l'exploitation et la démesure technique.

Un siècle plus tard, les robots ne sont ni organiques ni révoltés : ils soudent, transportent, opèrent et nettoient, par millions. Mais la question posée en 1920 n'a pas vieilli d'un jour : qui décide de ce que font les machines, et selon quelles règles ?

C'est précisément le genre de question qu'on apprend à se poser dans les métiers de l'IA et de la data.

Foire aux questions

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Qui a inventé le mot « robot » ?

Le mot a été inventé en 1920 par Josef Čapek et introduit dans la littérature par son frère Karel Čapek, dans la pièce R.U.R. (Rossum's Universal Robots). Karel a publiquement attribué la paternité du terme à son frère, qui le lui avait suggéré à partir du tchèque robota.

Les robots de R.U.R. étaient-ils des machines ?

Non. Čapek imaginait des êtres organiques produits chimiquement, sans âme ni émotions  plus proches d'androïdes biologiques que d'automates métalliques. L'image du robot en acier s'impose plus tard, notamment via le cinéma des années 1920.

Qui a inventé le mot « robotique » ?

Isaac Asimov, en 1942, dans la nouvelle Cercle vicieux. Né en 1920, il y énonce également ses Trois Lois de la robotique, qui restent une référence culturelle dans les débats sur l'éthique des systèmes autonomes, sans avoir la moindre valeur juridique.

Quels secteurs utilisent le plus de robots aujourd'hui ?

L'industrie manufacturière reste le premier utilisateur, devant la logistique, qui dépasse 100 000 unités vendues en 2024. Le nettoyage professionnel progresse de 34 % et la robotique médicale de 91 %, ce qui en fait les segments les plus dynamiques.

Les robots vont-ils remplacer les humains ?

Non. Ils absorbent les tâches répétitives, pénibles ou dangereuses, tandis que l'humain conserve l'arbitrage, la conception et la responsabilité. Le mouvement réel est un déplacement des compétences vers la conception, la programmation, la supervision et la sécurisation des machines.

Quels métiers travaillent avec les robots et l'IA ?

Data Scientist, Ingénieur en Intelligence Artificielle, Développeur en Machine Learning, Ingénieur Data, développeur embarqué, expert cybersécurité des systèmes industriels. Ces profils se forment en alternance, du Bac +3 au Bac +5, dans les filières Data & IA, développement web et cybersécurité.

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